C’est en présence de l’inspecteur général des services judiciaires, Apollinaire Ondo Mvé, du bâtonnier de l’Ordre national des avocats du Gabon, Raymond Obame Sima, du préfet du Woleu, Brice Arcadius Moussirou, des autorités civiles, militaires et religieuses, que la Cour d’appel judiciaire et le Tribunal de première instance d’Oyem, ont effectué, le vendredi 30 octobre 2026, leur rentrée judiciaire 2026-2027, en la salle d’audience du Tribunal du chef-lieu de la province du Woleu-Ntem.

A la faveur de cette audience solennelle, la première présidente près la Cour d’appel judiciaire d’Oyem, Frédérique Ndombi Bitar, a placé cette nouvelle année judiciaire sous le signe de : « l’efficacité, de l’accessibilité et de l’éthique ».

Occasion pour la première présidente de la Cour d’appel de rappeler, qu’en cette nouvelle année judiciaire, « nous ne faisons pas que reprendre le cours d’un calendrier administratif. Nous réaffirmons un pacte de confiance avec la société. Cet acte de refondation morale nous offre l’opportunité de marquer une pause, afin de nous interroger sur le sens de notre mission commune, qui est celle de dire le droit et de rendre la justice » pense Frédérique Ndombi Bitar.

Laquelle a paraphrasé Montesquieu dans son ouvrage de : « L’esprit des lois »; en ces termes : « La justice ce sont les liens de sociétés, les lois sont les relations de la justice ». Comme pour dire que, rendre la justice n’est pas seulement rendre froidement une règle de droit, c’est plutôt « rechercher sans relâche, l’équilibre fragile entre la rigueur de la loi et l’humanité de la décision« , a lancé la présidente de céans.

Non sans ajouter que dans une société en constante mutation, la justice demeure le socle sur lequel repose le pacte social. C’est dans ce sens que Spinoza pense que : « La justice est la disposition de l’âme, par laquelle chacun régit ses actes, en attribuant à chacun ce qui lui revient ».

Pour y parvenir, cela exige de l’équité, du discernement et de l’éthique dans tous les actes que l’on pose au profit des justiciables. C’est dans cette optique que Mme Ndombi Bitar a indiqué que, « la loi sans éthique, n’est qu’un mécanisme froid. Appliquée sans conscience, elle risque d’asservir au lieu de protéger ».

Elle n’a pas manqué d’ajouter que, « l’éthique et la déontologie ne sont pas de vain-mots, ni de simples titres de manuels, de règles disciplinaires stockées sur les étagères. Elles sont au centre de nos professions. Aussi, le magistrat et le greffier ne sont pas de simples fonctionnaires du droit. Ils sont les gardiens de la paix sociale, et les dépositaires de la confiance du peuple, au nom de laquelle la justice est rendue ».

En outre, la première présidente de la Cour d’appel d’Oyem a lancé ce conseil à l’endroit de la présidente de chambre, Rita Ntsame Obiang, promue et installée auprès de ladite juridiction, « que votre chambre soit un sanctuaire d’écoute, d’impartialité, de haute juriste-prudence. Et que la hauteur déontologique guide chacun de vos actes juridictionnels ».

Et, dans ses réquisitions au nom du Ministère public, l’avocate générale près ladite Cour, Danielle Boundono Ebang Ondo Eyi, a donné une véritable leçon à l’assistance sur le thème : « Le magistrat face aux réseaux sociaux : entre liberté d’expression et exigence d’impartialité ».

En deuxième heure, trois greffiers nouvellement promus et affectés auprès du Tribunal de prière instance d’Oyem, ont été installés à leur tour dans leurs sièges, au cours d’une autre audience solennelle, en présence des mêmes autorités administratives, militaires et religieuses.

Parmi les promus, il y a Nina Koumba Koumba, Romaric Gaël Essang Mintsa et Elsa Lucresse Badjina, respectivement greffier en chef, greffier en chef-adjoint et greffier. Cette audience de rentrée judiciaire était dirigée par le vice-président du Tribunal de première instance d’Oyem, Willy Obame.

Au cours de ses réquisitions, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka, a tenu ses propos à l’endroit du greffier en chef : « Si le magistrat est le cerveau de la juridiction, vous en êtes, avec vos collègues, greffiers, la mémoire et la colonne vertébrale. Il n’y a pas de justice sans greffier. Un jugement sans votre signature n’est qu’un projet. Une procédure sans votre sceau n’existe pas ».

Raphaël Mankouka a, ensuite, porté cinq conseils aux promus : « Vous êtes les gardiens du secret de l’authenticité : tout passe par vous (…). Soyez inflexibles (…). Pas de complaisance dans l’accomplissement de vos taches au quotidien (…). Soyez nos collaborateurs dans la loyauté. Dites-nous la vérité sur l’état d’un dossier, même si elle dérange… », a lancé le procureur de la République.

Le vice-président du Tribunal d’Oyem, a renchéri en invitant les promus à exercer leurs fonctions avec compétence, humilité et discernement. Tant, « en ouvrant cette nouvelle année judiciaire, nous devons prendre conscience de la noblesse de notre mission, mais aussi de l’étendue des obligations qui nous incombent », a exhorté le vice-président du Tribunal, Willy Obame.

 La Rédaction

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