L’ancien haut dignitaire de la République, homme d’État, patriarche, de la tribu Eba’a et hiérarque politique du Gabon en général, de Bitam et de la province du Woleu-Ntem en particulier, Emmanuel Claude Ondo Methogo, a été inhumé dans son village natal de Bileossi (14 kilomètres de Bitam, dans le canton Kess), le vendredi 27 février 2026. En présence du chef de l’État et chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, des anciens Premiers, Daniel Ona Ondo et Raymond Ndong Sima, des anciens ministres, Charles Mve Ellah, Charles Mba, Guy Patrick Obiang Ndong, etc; ainsi que des fortes délégations venues de la France, du Cameroun et de la Guinée Équatoriale. Certaines de ces personnalités et proches de l’illustre disparu, ont tenu à rendre un dernier hommage au micro de Jouractu, à cet homme multidimensionnel. Lecture.

Daniel Ona Ondo, ancien Premier ministre et vice-président du Conseil général des Ekang : « Emmanuel Ondo Metogho était un homme multidimensionnel. C’était d’abord un grand homme, un patriarche de la tribu Eba’a. A la tête d’une grande famille qu’il chérissait et couvrait de sa bienveillance. Un Pygmalion qui a fait émerger plusieurs cadres de notre pays. Emmanuel Ondo Methogo était ensuite un grand homme politique et un haut dignitaire de la République qui a tutoyé les sommets de l’État. Il était plusieurs fois ministres, ministre d’État, puis vice-Premier ministre, ancien député du 4e siège du département du Ntem durant 4 mandats successifs, ancien président du Conseil national de la communication (CNC), ancien conseiller politique du chef de l’État, ancien sénateur et ancien vice-président du Sénat. Pour ces bons et loyaux services, Emmanuel Ondo Methogo a été fait Grande croix de l’ordre de l’Etoile équatoriale, marquant ainsi la reconnaissance et l’hommage de la nation gabonaise à son fils, serviteur d’exception de ce pays. Emmanuel Ondo Methogo a longtemps été un hiérarque du Parti démocratique gabonais (…). Emmanuel Ondo Metogho était aussi un bâtisseur. Ces réalisations en tant que homme politique se passent de tout commentaire. Au-delà de ses services d’État et de ses activités politiques, l’agriculture était aussi l’une de ses passions qu’il a développée à travers les provinces du Woleu-Ntem et de l’Estuaire. Devenant ainsi un entrepreneur agricole dont les productions agrémentaient les marchés du pays (…). Emmanuel Ondo Methogo était enfin, un homme de culture. Il est de ceux qui ont soutenu et porté sur les fonts baptismaux, l’idée et l’ambitieux projet d’une association : le Conseil général des Ekang du Gabon (CGEG), regroupant l’ensemble des Ekang des 5 provinces du Gabon : l’Estuaire, le Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Ivindo, l’Ogooué-Maritime et le Woleu-Ntem. Le CGEG, qui a pour président d’honneur Brice Clotaire Oligui Nguema, a pour mission de préserver, de magnifier, de transmettre et de diffuser par tous moyens légaux, la culture et les savoirs Ekang, de développer entre les Ekang, la fraternité et la solidarité, et de jeter un pont avec nos frères Ekang disséminés à travers l’Afrique et le monde. Au moment où il nous quitte, Emmanuel Ondo Methogo est président du conseil des Ekang. C’est donc à cet homme d’exception, que la délégation que je conduis est venue rendre un dernier hommage. Accompagner cet illustre fils Ekang à sa dernière demeure, lui rendre l’honneur qui lui est dû, lui dire adieu et présenter les condoléances du CGEG à sa famille… ».

Charles Mve Ellah, ancien ministre : « Nous venons d’accompagner à sa dernière demeure, l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire de notre département, de Bitam, du Woleu-Ntem et du Gabon. Comme l’a dit le vice-président du Conseil général des Ekang, que Emmanuel Ondo Metogho a tutoyé les sommets du pouvoir. Pour nous, c’est une grande perte. Mais, il part en nous léguant un lourd héritage. Nous avons le devoir, au regard de tous les enseignements et les valeurs qu’il nous a donnés, de poursuivre l’œuvre majeure qu’il a accomplie durant sa vie terrestre ».

Til Mve Ondo, fils du défunt : « Je garde de papa, plusieurs moments forts et inoubliables. Au regard de la richesse que l’on pourrait recevoir dans les échanges au cours desquels il nous permettait d’être à côté de lui, il est difficile de cibler un moment fort. Je me rappelle qu’en 2007, lorsque je sortais fraîchement de l’Université, il m’a fait appel alors qu’il était vice-Premier ministre sorti du gouvernement et simple député, pour me dire qu’il allait m’apprendre la politique. Et que, c’était ça m’a mission. En intégrant cette notion, j’ai compris que c’était une nouvelle étape de ma vie, où il s’avèrait qu’au-delà des connaissances académiques et scientifiques, il y avait aussi des connaissances politiques. C’était un moment fort. Puis, est venu l’instant crucial de l’apprentissage. Je vous assure que j’ai été formé dans une rigueur extrême où, pour une simple lettre de trois lignes, vous pourriez la recorriger plus de dix fois. Mais, le satisfecit est arrivé lors des élections présidentielles de 2023, où j’ai dirigé la commission communication. Je lui ai fait des propositions de textes. Pour la première fois, il m’a dit : c’est bon. S’il faut choisir un moment, c’était celui-là (…). Vous savez, quand le maître apprend à son disciple. Lorsque celui-ci estime que les connaissances ont été bien intégrées par le disciple, il le juge apte à travailler (…). Celà m’a amené à être gouverner sur le plan politique par les projets plus important et confidentiels (…). Avec le vieux, on est passé de la simple étape de la relation familiale, à celle de la complicité. Entre lui et moi, il y avait plusieurs liens étroits et forts… ».

Vincent Ella Menie, ancien directeur de cabinet du défunt : « Vous savez, pour parler d’Ondo Methogo sur le plan professionnel, le temps qui nous est imparti sera trop insuffisant (…). Mais, comme tout le monde le sait, on l’appelait Méthode. C’était un technicien de haut vol, un homme qui aimait le travail bien fait, un homme rigoureux (…). Je dois dire qu’ayant fait toutes les classes dans l’administration, c’était une expertise avérée que nous venons de perdre (…). Sur le plan politique, Emmanuel Ondo Methogo fait son entrée en politique en 1990. C’était un homme de terrain. C’était quelqu’un qui était proche de sa base militante. A en juger par les résultats que le Parti démocratique gabonais a engrangés dans le département du Ntem plusieurs décennies durant. C’était le fruit du travail d’Ondo Methogo et ses équipes avait effectué sur le terrain. C’était un politicien avéré, un homme de terrain, un stratège et il appliquait ce qu’on appelle la proximité et le rassemblement. Parce qu’il disait qu’en politique, il faut appliquer l’addition. Et, dans le cadre familial, Emmanuel Ondo Methogo était un patriarche (…). Il était un rassembleur au niveau de la tribu Eba’a. A ce que je sache, il est l’initiateur de l’association Elat Ayong Eba’a, qui fait la fierté de cette tribu. C’est quelqu’un qui encadrait, conseillait et soutenait dans la rigueur. La rigueur était l’une de ses valeurs inébranlables ».

Propos recueillis par la Rédaction 

Pour la couverture médiatique de vos événements, contactez Jouractu au : 077912185 – 065208582 – 066361953. Merci.