Dans cet entretien exclusif, le Directeur de l’Ecole provinciale de formation et d’action sanitaire et sociale (EPFASS) du chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, Ernest Minanga, revient sur la rentrée des classes 2024-2025, des inscriptions, des effectifs, des conditions de travail et d’études des enseignants et des élèves, ainsi que sur des perspectives de ce nouvel établissement de formation professionnelle.

Jouractu. Comment s’est effectué le début des cours dans ce nouvel établissement professionnel dont vous êtes le premier responsable ?

Ernest Minanga. « C’est l’arrêté n°1884 fixant le calendrier académique 2024-2025 dans les Écoles provinciales d’action sanitaire et sociale en République gabonaise, qui a déterminé les dates de début des cours. La rentrée académique était prévue pour le 18 novembre 2024, et la date du début des cours était prévue pour le lundi 2 décembre de la même année. Mais, pour des raisons pratiques, nous avons repoussé cette rentrée pour le 6 décembre 2024. Ce qui nous a permis de nous organiser, afin d’éviter d’avoir quelques perturbations pendant le déroulement des cours. Et, depuis le 6 décembre, les cours sont dispensés ici sans interruption.

Jouractu. D’où viennent vos élèves ?

En 2023, l’État, via le ministère de la Santé et des Affaires sociales, avait organisé un concours. Les résultats ont été rendus publics. Vous savez qu’au soir du 30 août 2023, il y a eu d’importants changements politiques dans notre pays. Malgré ces changements, l’équipe qui est arrivée à la tête de cet établissement n’avait pas trouvé utile de mettre réfuter ves résultats. (…). Ce sont les admis à ce concours que nous avons reçu ici. Nous avons eu 80 admis en section santé et 20 en section sociale. Je rappelle que j’ai été nommé ici en mars 2024. Pendant que je venais pour préparer le début des activités académiques, les gens venaient à chaque fois me demander s’il y avait la possibilité de s’inscrire en auditeur libre. Les auditeur libres ce sont ceux qui n’ont pas été reçus au concours, à qui on donne cette possibilité de s’inscrire et de venir apprendre. Mais, je ne pouvais pas le faire sans me référer à la tutelle. Le ministère de la Santé, face à cette sollicitation, a donné son accord. Dans la mesure où, que ce soit du côté de Mouila, d’Oyem ou de Makokou, la demande était très forte. La particularité à Oyem est que notre structure n’a pas d’amphithéâtre, et les salles de classe que nous disposons ne peuvent pas avoir plus de 30 élèves. C’est ainsi que le ministre de la Santé a sollicité de son collègue ministre de l’Education nationale, son appui pour que nous puissions avoir une salle pouvant contenir plus de 100 personnes. Et, le seul endroit qui était disponible est du côté de « Manfred Mendame Ndong ». Là-bas, on nous a présenté une salle, qui ne pouvait pas aussi contenir les 100 élèves si l’on les mettait en tronc commun.

Jouractu. Ensuite ?

– Nous avons trouvé comme solution palliative en cassant le mur qui séparait deux de nos salles de classe mitoyennes. Cette salle nous a permis de rentrer les 80 élèves de la section santé. Mais, sur les 80 qui ont réussi au concours, tous ne se sont pas présentés. Il y a une quinzaine qui n’est pas là. Et, du côté affaires, sur les 20 élèves, 2 ne sont pas là. Cette situation a fait en sorte que nous puissions mettre les deux sections en tronc commun dans la grande salle que nous avions aménagée. Face à la difficulté, nous avons procédé même à l’achat des tables-bancs. Ce qui nous a coûté plus de 9 millions de F CFA. Puisqu’on ne pouvait pas arriver à 10 millions à cause du principe de passation des marchés de l’État, qui veut qu’à partir de 2 millions, vous passez par un appel d’offres. Vue l’urgence qu’on avait, on a dû supplier le menuisier d’essayer de revoir le coût, puisque son devis était à 11 millions de francs CFA (…). On a discuté très longtemps avec une entreprise qui est à Nkok, qui a dû nous demander de voir si le ministère pouvait l’aider à faire sortir ces tables-bancs là, sans payer les frais au niveau de Nkok. Ce qui a été fait. Voilà comment on a pu avoir les tables-bancs.

Jouractu. Quel effectif avez-vous pour cette première d’existence ? Et avez-vous rencontré des difficultés au cours de cette rentrée des classes 2024-2025 ?

– Nous avons un effectif total de 194 élèves au niveau de l’EPFASS d’Oyem. Ce qui nous fait défaut, c’est le manque d’amphithéâtre, et les salles de classe ne sont pas spacieuses. Le gros des effectifs que nous pourrions avoir dans ces salles de classe est de 30 élèves si l’on force. Au niveau du personnel d’encadrement, le ministère de la Santé et celui des Affaires sociales n’ont affecté, jusqu’à présent au sein de l’école, que deux enseignants formés. Il s’agit d’un enseignant para-médical et un enseignant superviseur en travail social. Pour parer à cette carence, l’école est obligée de recourir à l’expertise locale, c’est-à-dire aux vacataires dans les deux sections. Ils sont une dizaine. Mais, lorsque ces vacataires arrivent, les deux enseignants permanents procèdent d’abord à une évaluation de ce personnel vacataire, pour jauger de leur niveau de formation. Ensuite, on leur donne des rudiments essentiels en matière d’enseignement, dans la mesure où ces vacataires n’ont que des connaissances scientifiques.

Jouractu. Comment s’est déroulée la phase de recrutement des élèves ?

Pour les modalités des inscriptions, nous avons fait passer des communiqués radios et de presse, ainsi que des notes de service. En demandant à ceux qui voudraient bien venir apprendre à l’EPFASS d’Oyem, à venir déposer leurs dossiers à la direction de l’école. Le dépôt de ces dossiers était fait sans aucune condition. Il suffisait tout simplement de remplir les conditions suivantes : avoir le diplôme du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), un acte de naissance légalisé, certificat médical et un extrait de casier judiciaire. Il n’avait pas d’argent à donner lors du dépôt des dossiers. Après les deux semaines de délai du dépôt des dossiers, il y a eu une commission qui a été mise en place pour examiner tous les dossiers. Le président de cette commission était le Directeur régional de santé nord, assisté de monsieur l’Inspecteur provincial de santé. Mois, j’occupais le poste de vice-président de la commission. Nous avons examiné dossier par dossier, pour sortir le bon grain de l’ivraie. En dehors de ça, nous avons aussi cette possibilité – les textes nous le permettent – de recevoir des personnels des structures sanitaires, du Conseil départemental ou de la mairie qui des dispensaires au niveau des départements et des communes, pour une formation continue de meurs personnels. C’est ce qui s’est passé. Parce qu’il y a l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné qui nous a envoyé 3 de ses agents et l’hôpital de Bitam qui nous a également envoyé également ses agents qui sont de la main d’oeuvre non-permanente. A la fin de leur formation, ces agents ces agents vont solliciter leur intégration à la Fonction publique en catégorie B2, parce que nous formons les aides-soignants après deux ans.

Jouractu. Quelles ont été les modalités de paiement des frais d’inscription ?

– Le paiement des frais d’écolage s’est effectué selon un arrêté. Il s’agit de l’arrêté n°00983 fixant les montants dez frais d’inscription et d’écolage pour des formations initiales et continues dans les EPFASS. Cet arrêté précise que : « Les montants des frais d’inscription, de réinscription et d’écolage pour l’accès à la formation continue des élèves non-boursiers, se décline ainsi qu’il suit : pour élève gabonais, l’inscription s’élève à 50 mille francs CFA, et écolage à 250 mille francs CFA par an. Pour les élèves non gabonais, l’inscription et la réinscription : 60 mille francs CFA, et l’écolage à 500 mille francs CFA par an » (…). Vous comprenez que nous fonctionnons sur la bas des textes. Nous ne faisons rien ici sans nous référer aux textes… ».

Propos recueillis par : La Rédaction

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