C’était au cours d’une déclaration organisée, le jeudi 1er mai 2025 à Libreville, par le directoire du Cercle des patrons de la presse privée en ligne (CPPPL). Cette organisation demande, à son tour, la publication de la liste officielle des médias bénéficiaires de la subvention querellée de 2024, ainsi que la mise en place d’une Commission indépendante à qui incomberait la gestion des prochaines subventions d’aide à la presse privée.

APRÈS la répartition, jugée douteuse et illégale, de la subvention d’aide à la presse privée par le ministère de la Communication et des Médias, les patrons des médias privés (en ligne et/ou écrit) n’en démordent pas. Le jeudi 1er mai 2025 à Libreville, le tour est revenu au directoire du Cercle des patrons de la presse privée en ligne (CPPPL) de monter au créneau.
Au cours de leur déclaration, les responsables de cette organisation ont battu en brèche, les propos de la ministre de la Communication et des Médias, Laurence Ndong qui, dans une interview accordée à Gabon 1ère, aurait accusé la presse de n’avoir pas « bien relayé l’information » sur tous les contours de la subvention querellée.
« En dépit de nombreux appels lancés et réitérés par nos confrères, force est de constater que le ministère de la Communication et des Médias persiste dans un radicalisme injustifié qui laisse penser que ses motivations se trouvent ailleurs. La subvention serait devenue le terreau de la fraude et de la corruption au détriment de la méritocratie« .
Aussi, le CPPPL relève-t-il des « incohérences » au terme des travaux de la Commission mise en place par le ministère de la Communication pour ventiler et sélectionner des dossiers des ayant-droits à la subvention 2024. « sur les 62 dossiers à l’étude pour la presse en ligne seuls 42 médias ont été éligibles. Par contre, sur les 41 dossiers à l’étude pour la presse écrite seuls 27 médias ont été éligibles. Au total, 69 médias ont été éligibles. D’où vient donc le chiffre de 79 médias annoncés par le ministère de la Communication et des Médias ?« , veulent savoir les patrons de la presse privée.
Ils n’ont pas manqué de mettre en lumière une autre incohérence des chiffres divulgués par la tutelle. « Sur les 500 millions de francs CFA au titre de la subvention, 15% (soit 75 millions de francs CFA) ont été alloués au Trésor Public, 10% (soit 42 500 000 francs CFA) aux membres de la Commission. Tout compte fait, le montant de la subvention s’est effrité de 117 500 000 francs CFA. C’est donc la somme de 382 500 000 francs CFA qui était désormais allouée à la presse« , a révélé le CPPPL.
Non sans s’interroger : « Comment comprendre que sur la table de réunion, le ministère a annoncé la somme de 400 977 000 de francs CFA répartit comme suit : 250 millions de francs CFA destiné à la
presse écrite, et 160 millions de francs CFA pour la presse en ligne. Conclusion : 75 000 000 + 42 500 000 + 250 000 000 + 160 000 000 = 527 000 000 de francs CFA. L’incohérence est encore plus flagrante ici ».
Au vue tous ces errements, le CPPPL souhaite une véritable refonte au sein du ministère de la Communication et des Médias. « Nous avons besoin d’un changement au ministère de la Communication et des Médias, nous avons besoin d’un changement structuré autour de l’égalité des chances, un changement qui mettra l’accent sur le travail et le mérite des acteurs du secteur, et qui fera que leurs efforts soient le fondement d’une existence heureuse et récompensée« , ont lancé les patrons de la presse privée.
Non sans ajouter que, « par conséquent, notre organisation réclame dans un premier temps la publication de la liste officielle des médias qui ont été retenus, ensuite nous voulons, pour les prochaines sessions, la
mise en place d’une Commission indépendante pour gérer la subvention. Ladite Commission doit être composée d’un membre du ministère de la Communication, d’un membre de la Haute Autorité de la Communication (HAC), et des représentants des organisations des médias. Nous souhaitons aussi l’audit de cette subvention session 2024« .
En outre, le CPPPL revendique auprès du ministère de tutelle son droit à la présidence rotative du Comité d’organisation de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Dont les manifestations officielles auront lieu du 6 au 7 mai 2025, à la « Maison Georges Rawiri » de Libreville.
La Rédaction
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