Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) s’insurge contre le blâme infligé par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Paul-Marie Gondjout, à la juge d’instruction du deuxième cabinet des mineurs du tribunal de première instance de Libreville. Les magistrats, au vue de cette situation, s’en remettent au président du Conseil supérieur de la Magistrature, chef de l’État, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, et convoquent une assemblée générale ce lundi 13 janvier 2025, à Libreville.

Le président du Synamag, Landry Abaga Essono, et certains membres de son bureau.

RIEN ne va plus entre le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) et sa tutelle, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Paul-Marie Gondjout.

La raison : le bureau exécutif du Synamag et ses membres reproche au garde des Sceaux d’avoir infligé un blâme à l’encontre de l’un des leurs, en la personne de la juge d’instruction du deuxième cabinet des mineurs, en service au tribunal de première instance de Port-Gentil (capitale économique du Gabon).

« En réaction au courrier n°001406/MJGS/IGS/OM daté du 31 décembre 2024 par lequel le ministre de la Justice, garde des Sceaux inflige une admonestration, autrement dit, un blâme à Madame le juge d’instruction du deuxième cabinet des mineurs du tribunal de première instance de Libreville, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) tient à dénoncer cette démarche, à la fois cavalière et attentatoire aux fondements de la justice, et notamment, au principe de l’indépendance de la justice et du juge en particulier », peut-on lire dans le courrier signé le 11 janvier 2025 par le président du Synamag, Landry Abaga Essono.

Lequel rappelle que, « ce principe de l’Etat de droit est doublement consacré par la loi fondamentale et par la loi n°040/2023 du 26 octobre 2023 portant statut des magistrats, dont l’article 9 qui, en plus de rappeler ledit principe, dispose également qu’à ce titre : « ils ne doivent être l’objet d’aucune influence, incitation, pression, menace ou intervention directe ou indirecte, de la part de qui que ce soit ou pour quelque raison que e soit », font remarquer les magistrats.

Selon le Synamag, « en matière disciplinaire, seul le Conseil supérieur de la magistrature a compétence pour infliger des sanctions à un magistrat, et ce , conformément aux dispositions des articles 16 et suivants de l’ordonnance n°011/PR/ 2021 du 06/09/2021 portant loi organique fixant les attributions, l’organisation, la composition et le fondement du Conseil supérieur de la magistrature ».

Au vue de cette situation, le Synamag s’en remet au chef de l’État, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, par ailleurs président du Conseil supérieur de la magistrature. « Le Synamag, tout en interpellant respectueusement le président de la Transition, quant à l’urgence de s’interroger sur la capacité de l’actuel garde des Sceaux, à conduire sa charge, se réserve le droit d’en référer à son assemblée générale extraordinaire