La récente convocation du Directeur de publication du média en ligne Gabon Média Time, Harold Leckat, par les gendarmes de la Direction générale de recherches (DGR) de Libreville, est venue, encore une fois, fouler aux pieds la loi sur la dépénalisation des délis de presse dans notre pays par les hommes qui y sont censés de l’appliquer en premier.

AU moment où une délégation de « Reporter sans frontières » s’apprête à fouler le sol gabonais, la situation des journalistes locaux semble très préoccupante.
Le dernier fait en date est la convocation, le mercredi 3 septembre 2025, du Directeur de publication (DP) du média en ligne Gabon Média Time (GMT), Harold Leckat et de son collaborateur, par les gendarmes de la Direction générale des recherches (DGR). Les professionnels de la communication ont été « cuisinés » toute la journée pour avoir osé faire librement leur travail d’informer l’opinion sur des « faits, et rien que des faits ».
Une convocation des journalistes « dans l’exercice de leur fonction », qui est vertement condamnée par l’ensemble de la corporation, les associations des médias publics et privés du Gabon. Tant, ces manœuvres qui visent à museler la presse, date d’une certaine époque déjà révolue dans notre pays.
Des tentatives d’intimidation qui foulent allègrement au pied, la loi sur la dépénalisation des délis de presse, conformément à l’ordonnance n°00000012/PR/2018 du 23 février 2018, qui est complétée par la loi n°019/2016 portant Code de la communication en République gabonaise.
L’article 199 bis de ce texte est très clair : « Les sanctions applicables aux sanctions commises par voie de presse, ne peuvent d’ordre pénal ». Ce qui sous-tend en français facile qu’aucun journaliste et/ou professionnel de la communication ne doit faire l’objet de poursuites judiciaires devant les tribunaux correctionnels pour ses écrits, publications ou reportages. Seule la Haute autorité de la communication (HAC) est habilitée à prendre des sanctions disciplinaires à l’encontre de l’organe de presse incriminé ou de son responsable.
La convocation du DP de GMT, Harold Leckat et la récente garde à vue de plusieurs jours, du journaliste d’investigation Jean Pascal Ndong, viennent ainsi fouler aux pieds la liberté d’expression et l’exercice de la presse au Gabon et ce, sous l’ère de la Ve République. Ces deux cas ne sont d’ailleurs pas isolés.
Tant, plusieurs journalistes, dans le cadre de leur métier, font toujours face aux cas d’influence, d’intimidation, d’excès de zèle et de trafic d’influence de la part de certains OPJ, autorités judiciaires et « gros bonnets » de la République. Une situation qui créée parfois de vives tensions (surtout sur les lieux de reportages) entre les professionnels de la communication et ces entités.
Vivement que chacun reste dans son couloir de prédication, tout en respectant les lois encadrant les fonctions et prérogatives des uns et des autres. Il y va de la renommée des nouvelles autorités de la Ve République et du niveau réel de la démocratie dans notre pays.
La Rédaction
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