Dans cette interview exclusive, le nouveau maire de la commune d’Oyem se dit disposé à discuter avec les huit maires-adjoints du Conseil municipal déchu, dans un esprit d’apaisement.

Jouractu. Quelles sont vos réelles ambitions après votre nomination par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema comme Délégué spécial de la commune d’Oyem ?
Jean Christophe Owono Nguema : Mon ambition est de redorer à Oyem son lustre d’antan. Une ville conviviale, une ville biodiversité, une ville où il fait bon vivre, une ville nourricière (…). Je crois qu’avec l’expertise que j’ai autour de moi, avec la presse qui est là pour nous accompagner, on pourra atteindre ces objectifs.
Jouractu. Y compris la construction d’un nouveau cimetière ?
Pour le cimetière, je ne voulais pas en parler maintenant. J’ai un projet qui me tient à cœur. Je tiens à le réaliser avec le peu de moyens que nous avons. Et, dans ce projet, y est inclus un vrai cimetière municipal. Celui qui est actuellement là, nous allons rapidement le réhabiliter. Il est arrivé à saturation. Nous allons faire en sorte que vous puissiez passer par là tranquillement. Mais pas comme à l’heure actuelle, où il est sous de hautes herbes. On ne peut pas concevoir que de hautes personnalités de cette commune, qui ont rendu de bons et loyaux services à la nation, se retrouvent dans des herbes comme c’est le cas actuellement. Je prends l’engagement de pallier à tout cela au plus tôt.
Jouractu. Vous avez d’abord un litige avec les maires-adjoints de l’ancienne équipe municipale. A quand la notification de leur arrêt de fonction ?
J’ai reçu ces maires ici à mon cabinet, pour une réunion de prise de prise de contact. Je leur ai dit d’aller s’asseoir et d’attendre la suite des événements. Maintenant, s’ils estiment qu’ils ne peuvent pas aller s’asseoir et qu’ils attendent d’être notifié, il seront notifiés en temps opportun. Je prendrais cette décision le moment venu. Pour l’instant, j’estime qu’ils sont là et qu’ils jouissent encore de leurs salaires. Il n’y a pas de problème à ce niveau. Ils sont maires d’Oyem. Maintenant , attendons la suite, je prendrais la décision qu’il faut. Peut-être que les autorités qui sont au-dessus de ma modeste personne, prendraient une décision bien avant.
Jouractu. Et, que dire de la mairie du premier arrondissement qui est toujours fermée aux usagers ?
Au niveau des mairies d’arrondissements, c’est tout simplement comme vous le savez. Parlons-en. Où en est-on avec la mairie du premier arrondissement ? La construction de cette mairie a engloutis pas moins de 80 millions de francs CFA. Où travaillent ces maires ? Depuis lors, les maires du premier arrondissement squattent ici à la mairie centrale. Quand Monsieur Vincent Essone Mengue est parti de cette mairie centrale, la mairie du premier arrondissement était déjà presque terminée et équipée. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Je ne suis pas venu pour faire la chasse aux sorcières. Je suis venu pour travailler la ville et pour rassembler les filles et les fils d’Oyem. Maintenant, si les uns et les autres veulent qu’on aille fouiller dans les poubelles, chacun prendra ses responsabilités. Je ne veux pas aller dans ce sens là (…). Nous avons aujourd’hui un dossier pendant au tribunal où la mairie d’Oyem doit payer à un entrepreneur une forte somme de plus de 19 millions de francs CFA. Cet entrepreneur a construit la mairie du premier arrondissement (…). Qui a fait quoi ? Attention ! Je demande aux uns et aux autres que nous sommes tous des parents, des frères. Je répète que je ne suis pas venu faire la chasse aux sorcières ou des règlements de comptes. Le Président de la République, Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, m’a instru de rassembler, de travailler Oyem. C’est ça ma mission. Pour le moment j’ai demandé que tout le monde vienne, comme je ne vois pas clair dans la gestion dans tout ce qui est posé comme acte. Pas plus tard que la semaine dernière (ndr l’entretien a eu lieu lundi 8 janvier 2024), mon intérimaire a été convoqué au tribunal pour des affaires de faux. Permettez que, j’arrive à peine, et je n’ai pas encore pris la mesure de la situation de la mairie, que je concentre d’abord tous les pouvoirs à mon niveau. Dès que j’aurais vu clair, la mairie du deuxième arrondissement comme celle du premier arrondissement vont ouvrir leurs portes. Mais, pour le moment, tous les actes se passent à la mairie centrale. C’est pour nous permettre tout simplement de voir clair, mais pas pour poursuivre telle ou telle personne. La situation est catastrophique à la mairie. Et, je suis là pour la redresser avec ceux qui sont ici (…). S’il vous plaît ! Dites à mes frères qu’aujourd’hui, le Délégué spécial est là pour redresser la situation et que je suis prêt à discuter avec eux.
Propos recueillis par la Rédaction