Au terme de leur assemblée générale du mercredi 17 décembre 2025 à la DAP d’Oyem, ces enseignants des lycées et collèges publics dans le Woleu-Ntem, regroupés au sein de SOS Éducation, ont conditionné la reprise des cours à l’aboutissement complet de leurs points de revendications.

A l’instar de certains de leurs collègues à travers le pays, les enseignants et les enseignants stagiaires des lycées, collèges et écoles primaires du secteur public à Oyem, Bitam, Mitzic, Medouneu et Minvoul, regroupés au sein de « SOS Éducation », ont décidé de rentrer en grève générale illimitée, au terme de leur assemblée générale (AG) organisée à la direction d’académie provinciale (DAP), dans l’après-midi de mercredi 17 décembre 2025.
Pour ces chargés des cours, cette décision de suspension des enseignements jusqu’à nouvel ordre, résulte du mutisme observé par le gouvernement de la V ème République via le ministère de l’Education nationale, depuis le dépôt de leur préavis de grève. En effet, « depuis le 8 décembre 2025, date du dépôt de notre préavis de suspension de cours, aucune autorité de tutelle ne nous a contactés. Ce silence contraste fortement avec les échanges engagés avec certaines organisations syndicales officiellement reconnues. Faut-il comprendre que parce que nous ne sommes pas encore constitués en syndicat, la voix de milliers d’enseignants peut-être ignorée ? Nous le disons avec gravité : ce n’est pas le statut juridique qui crée la légitimité, mais la réalité vécue et la force collective », a lancé le membre de SOS Éducation, Junior François Ekomess Fils.

Et, l’enseignant de philosophie au lycée public Simon Oyono Aba’a de Bitam, Danny Mintsa Mi Nzue, de renchérir que leurs points de revendications se résume : à la régularisation des situations administratives, l’intégration à la Fonction publique des enseignants bénévoles et le paiement intégral des rappels aux éducateurs.
« S’agissant du point sur la régularisation des situations administratives, nous vous rappelons que nous avons des enseignants qui ont 20, 25 et 30 ans d’enseignement, qui sont toujours considérés comme des stagiaires. Leur indice n’a pas bougé (…), les avancements sont bloqués, nous avons subi le gèle de 10 ans avec Ali Bongo, nous avons attendu la période de la transition en espérant que les choses devraient bouger. Mais, nous constatons malheureusement que rien n’a bougé. Ensuite, il y a l’intégration des bénévoles. Nous constatons qu’il y a plusieurs familles dans l’enseignement qui ne sont pas intégrées et rémunérées, qui ne bénéficient rien de l’État mais qui, chaque jour, vont enseigner les enfants chaque matin au même titre que ceux qui sont payés à la fin du mois. Nous disons que ces bénévoles doivent être intégrés à la Fonction publique », a martelé l’enseignement de philosophie.

Les membres de SOS Éducation conditionnent le retour dans les salles de classe à la prise en compte intégrale de leurs trois points de revendications. « Notre grève est illimitée, c’est-à-dire jusqu’à ce nous soyons reçus par les autorités du pays. Si demain, le gouverneur nous reçoit, nous discutons, nous trouvons un terrain d’entente et qu’on soit satisfait, le lendemain, c’est-à-dire à la rentrée des classes, tout le monde est en classe », a promis M. Mintsa Mi Nzue.

Gageons que ce mouvement d’humeur attire l’attention des hautes autorités de la V ème République, pour que les solutions idoines et pérennes soient trouvées. Car, il y va de l’avenir de la jeunesse scolarisée du Gabon.
La Rédaction
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